
La religion cimmérienne
La totalité du panthéon cimmérien, donc Crom est le chef suprême, est principalement composé de dieux sombres et cruels. Ces dieux représentent parfaitement la manière qu’on les Cimmériens d’envisager la vie.
L’existence ne fait pas de cadeaux, elle est cruelle et s’en prend aux faibles et seul celui qui sait se battre mérite de vivre. La vision cimmérienne est également très fataliste mais a l’avantage d’être simple. La foi et la manière d’aborder les dieux s’en inspire très fortement et a le mérite de ne pas s’encombrer de fioritures inutiles.
L’une des caractéristiques principales de la foi cimmérienne c’est qu’elle est exempte de vénération. Les Cimmériens croient en leurs dieux mais ne les vénèrent pas. En revanche, la vie de toute personne de ce peuple est rythmée par des rituels spécifiques, comme celle de beaucoup d’autres peuples animistes (ndlr : l’animisme est la croyance selon laquelle la nature est régie par des âmes/esprits). Les rites les plus communs sont ceux de la naissance, le don d’un nom, le passage à l’âge adulte, le mariage, l’initiation d’un chef ou celle d’un guerrier et enfin les rites mortuaires.
Coutumes funéraires
Les coutumes funéraires cimmériennes sont simples et rapides. Les corps des guerriers morts au combat sont laissés là où ils sont tombés et on on ne s’occupe que très simplement des autres morts. Les Cimmériens ne se préoccupent pas vraiment des corps des morts puisque l’âme s’en est allée et que, selon eux, les soins portés au corps n’auront aucune répercussion sur l’état de l’âme. Ils croient en effet que, dans tous les cas, l’âme voyage jusqu’à un royaume gris, froid et brumeux dans lequel elle errera sans joie pour l’éternité.
Les vivants organisent une veillée pour le mort où ils boivent à sa santé, versant sur le sol la fin de leurs coupes pour le mort. Si vengeance est demandée – et les Cimmériens sont très vengeurs – les coupes sont ensuite brisées sur le sol, accompagnées par les cris des guerriers. Chacun en profite pour annoncer comment il cherchera vengeance personnellement, souvent sous la forme de nombre de têtes de la tribu ennemie. Un bon nombre de tribus cimmériennes pratiquent d’ailleurs la chasse à l’homme rituelle.
Crom et les autres dieux du panthéon
La force et la volonté sont les cadeaux de Crom au peuple cimmérien. En dehors de ces deux traits, il n’offre rien et bien malheureux celui qui oserait réclamer. Crom vit sur une grande montagne du massif d’Eiglophie. Tout Cimmérien est un suivant de Crom par naissance, mais il ne s’agit pas d’un dieu que l’on vénère. Ni culte ni prêtres pour une figure qui pourtant fait partie du quotidien de cette peuplade.
On dit que d’en appeler à Crom ou de le prier ne sont que les meilleurs moyens pour le mettre en colère, ce qu’un bon Cimmérien évite à tout prix de faire. Prier est une forme de faiblesse et Crom ne tolère pas les faibles, les préférant morts qu’en train de supplier. Les aider est donc hors de question, plutôt les laisser mourir puisqu’ils ne méritent pas la force et la volonté qui leur ont été donnés en cadeau.
Les autres divinités cimmériennes sont du même acabit, aussi sombres et sans pitié, et on ne les vénère pas plus que leur chef de file.
Badb : Déesse guerrière apparaissant souvent sous la forme d’un corbeau. Le cadeau de Badb aux Cimmériens est celui de la furie guerrière.
Lir : Père de Mannanan Mac Lir et dieu des mers, ce qui est étrange pour un pays n’ayant aucun accès maritime. On dit qu’il est probable qu’une partie des terres aujourd’hui propriété picte aient un jour appartenu aux Cimmériens, ce qui pourrait expliquer la haine qu’ils leur vouent.
Macha : Déesse guerrière également garante de fertilité.
Mannanan Mac Lir : Fils de Lir et lui aussi dieu des mers, ainsi que de temps (météorologique). Il apparaît sous une forme plus humanisée que son père qui a une forme élémentaire et primaire.
Morrigan : La déesse guerrière principale des Cimmériens, on dit également que Badb, Macha et Nemain ne sont en fait que des aspects d’une Morrigan à plusieurs visages.
Nemain : Déesse guerrière également protectrice des sources et des puits. On la connaît dans la bataille sous le nom de « la venimeuse ».
(ndla : La liste des noms mentionnée ici est tirée du JDR qui s’inspire lui-même d’une liste préparée par REH en 1932 mais qui n’a pas été exploitée plus avant. Cette liste inclut les noms de Badb, Morrigan, Macha, Nemain, Dianchnecht et Dagda. Conan jure également dans certains textes par le nom de Lir et Mannanan Mac Lir.
Howard s’est très fortement inspiré de la mythologie celte pour ce panthéon cimmérien. Crom y est d’ailleurs très probablement une transposition de Crom Cruach dont on sait fort peu mais qui présente de fortes similitudes avec le Crom hyborien jusqu’à leur surnom commun de « Seigneur de la montagne ».
Le lecteur intéressé par une étude plus approfondie de la religion cimmérienne peut donc se tourner vers la mythologie celte et irlandaise.)
Figures religieuses du peuple cimmérien
Bien que le rôle de prêtre soit une sorte d’aberration aux yeux d’un Cimmérien, il existe des personnages reliés indirectement à la religion cimmérienne ou du moins à la tradition animiste du peuple, les oracles.
Ceux-ci comprennent les signes qu’envoie la nature et savent lire dans les entrailles des animaux.
La culture cimmérienne comprend également une forte tradition orale transmise par des bardes aveugles. Ceux-ci sont souvent des personnages que la cécité empêche de prendre en charge une famille ou un clan. Les Cimmériens craignent ce qui est écrit, donnant des propriétés magiques aux lettres et runes.